Nvidia investit 5 milliards dans Intel : l’alliance qui rebat les cartes
Nvidia vient d’officialiser l’achat de 214,7 millions d’actions Intel pour 5 milliards de dollars, soit 23,28 dollars par action. Cette transaction, annoncée en septembre et validée en décembre par la Federal Trade Commission, scelle une alliance stratégique entre le géant de l’IA et le fabricant de processeurs en difficulté.
Ce qu’il faut retenir
- Nvidia détient désormais 4% d’Intel, un investissement qui place le champion des puces IA (intelligence artificielle, ces cerveaux numériques qui apprennent) au cœur de la gouvernance de son ancien concurrent.
- Les deux groupes développeront ensemble des processeurs x86 conçus par Nvidia et des systèmes-sur-puce mélangeant cœurs Intel CPU (processeur central d’ordinateur) et chiplets GPU (accélérateurs graphiques) Nvidia RTX.
- Intel perd 18,8 milliards de dollars en 2024, sa première perte depuis 1986, résultat d’investissements massifs dans de nouvelles usines.
- L’action Intel bondit de 36% au-delà du prix d’achat Nvidia, signe que le marché croit au redressement.
Pourquoi Intel avait besoin de cet argent
Intel traverse sa pire crise depuis des décennies. Le fabricant californien a dépensé des sommes colossales pour moderniser ses usines et rattraper son retard face aux fonderies taïwanaises comme TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, le leader mondial de la fabrication de puces). Ces investissements ont vidé la trésorerie du groupe.
Les chiffres font froid dans le dos. Intel prévoit une sortie nette de 11 milliards de dollars entre 2025 et 2026. Pas avant 2027 que les flux redeviennent positifs : 640 millions cette année-là, puis 4,32 milliards en 2029. L’injection de Nvidia arrive à point nommé.
Et là.
La situation aurait pu être pire. En 2024, l’administration Trump avait remis en question le maintien du PDG Lip-Bu Tan, accusé de liens anciens avec la Chine. Ces tensions se sont apaisées. Le gouvernement américain a même investi 8,9 milliards dans Intel, pariant sur une renaissance du fabricant historique.
Pour vous, ça signifie quoi ? Qu’Intel reste un acteur stratégique pour Washington. Les États-Unis veulent réduire leur dépendance aux usines asiatiques. Intel incarne cette ambition de relocalisation des semiconducteurs (composants électroniques miniatures qui font fonctionner tous vos appareils).
Au-delà du chèque, une collaboration technique profonde
« Nvidia et Intel développeront conjointement des processeurs x86 conçus par Nvidia pour l’infrastructure IA et des systèmes-sur-puce hybrides combinant des cœurs CPU Intel avec des chiplets GPU Nvidia RTX. »
Traduction : Nvidia va concevoir des processeurs traditionnels, domaine où Intel régnait sans partage. Intel va intégrer les accélérateurs IA de Nvidia dans ses puces. Une fusion des savoir-faire qui pourrait produire des ordinateurs plus rapides, plus efficaces pour l’IA.
Sauf que.
Nvidia ne transfère pas sa production principale de GPU (cartes graphiques surpuissantes pour l’IA) des usines TSMC vers celles d’Intel. Le partenariat reste sélectif. Les deux groupes testent d’abord sur des produits spécifiques avant un engagement total. Prudence compréhensible quand on fabrique des puces à 10 000 dollars l’unité.
Cette alliance redessine les rapports de force. Nvidia gagne une influence dans le monde des processeurs x86 (architecture standard des ordinateurs depuis 40 ans). Intel accède aux technologies IA de Nvidia. Résultat ? Une pile informatique CPU-GPU plus intégrée, potentiellement plus performante que les solutions actuelles où vous assemblez des composants de marques différentes.
Ce que ça change pour l’industrie tech
Le partenariat renforce Intel Foundry Services, la branche d’Intel qui fabrique des puces pour d’autres entreprises. Jusqu’ici, cette activité restait marginale. L’arrivée de Nvidia comme client signal au marché qu’Intel Foundry devient crédible.
Pour l’industrie américaine, ça compte. Les États-Unis dépendent trop de Taïwan pour les puces avancées. Une invasion chinoise couperait l’approvisionnement en semiconducteurs, paralysant l’économie mondiale. Intel mise sur la lithographie haute-NA EUV (technique de gravure ultra-précise des puces), déployée dans ses nouvelles usines américaines en Arizona et en Ohio.
Concrètement pour vous ? Si vous gérez une PME tech, une agence marketing digital ou travaillez en freelance, une Intel revitalisée réduit votre dépendance aux fabricants asiatiques. Les outils d’IA que vous utilisez reposent sur un équilibre entre processeurs et accélérateurs graphiques. Un partenariat Nvidia-Intel plus étroit pourrait accélérer l’accessibilité de ces technologies, baisser les coûts d’infrastructure cloud (serveurs en ligne que vous louez) et diversifier vos options d’hébergement.
Les analystes voient large. Certains parient sur un doublement du cours Intel d’ici trois ans si le titre se négocie à 25 fois les bénéfices futurs, aligné avec la moyenne historique sur dix ans. L’action a déjà grimpé de 36% au-delà du prix d’achat Nvidia. Le marché croit au redressement.
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Trois questions pratiques :
Nvidia abandonne-t-elle TSMC pour fabriquer chez Intel ?
Non. Nvidia maintient sa production de GPU haut de gamme chez TSMC. La collaboration porte sur des produits spécifiques : processeurs x86 et systèmes-sur-puce dédiés. Le partenariat reste sélectif.
Quand sortiront les premiers produits de cette alliance Nvidia-Intel ?
Aucune date officielle. Ces développements prennent du temps. Comptez plusieurs mois, voire années, avant commercialisation de volumes significatifs.
Est-ce une nationalisation déguisée d’Intel ?
Non. Nvidia et l’État américain sont des investisseurs minoritaires. Intel reste une entreprise privée avec sa gouvernance inchangée. Les 5 milliards de Nvidia représentent 4% du capital, loin d’un contrôle.







